Mode de préparation
des remèdes homéopathiques


Pour obtenir un remède homéopathique il faut deux opérations essentielles :

  • la dilution

  • la dynamisation


Ce sont ces fameuses dilutions homéopathiques qui font l'objet de tant de controverses depuis deux siècles. Ce sont elles qui confèrent aux remèdes leurs vertus homéopathiques. Depuis le début du 19ème siècle plusieurs méthodes de dilutions différentes ont vu le jour.

Tout d'abord nous avons les dilutions dites hahnemanniennes du nom de leur fondateur le Dr Samuel Hahnemann. C'est grâce à sa découverte sur les effets toxiques du quinquina en dose pondéral qu'il put appliquer la loi de similitude édictée par Hippocrate. Il eut l'idée géniale par la suite de le diluer afin d'obtenir une substance à la toxicité atténuée. Suite à ces longues tournées de consultations à cheval, Hahnemann constata que les remèdes distribués en fin de journée obtenaient des guérisons plus probantes que ceux administrés le matin. Il fit le lien avec les multiples succussions subies par les remèdes durant ses trajets. La dynamisation était née !

Prenons par exemple une 5CH (5ème centésimale hahnemannienne), dynamisation couramment rencontrée en pharmacie. Que signifie-t-elle au juste ? Avant de "monter" une dilution, il est indispensable d'avoir la souche du remède. De cette souche vont être extraits les principes actifs, ce sont précisément eux qui nous intéressent. Dans le cas d'une plante comme Arnica montana, nous allons faire macérer cette dernière dans une solution d'alcool pur afin d'obtenir ce qu'on appelle une teinture mère. Mère, car c'est à partir d'elle que l'on va pouvoir monter toutes les dilutions possibles.

* DH : Décimale Hahnemannienne

* CH : Centésimale Hahnemannienne

* K : Korsakovienne

* Kent : Kentienne

* LM : Quinquagantésimale Hahnemanienne

Ensuite nous allons extraire une goutte de cette solution et la diluer dans 99 gouttes d'eau. Suite à cela entre en jeu la phase de succussion qui va conférer au remède une charge électromagnétique issue du frottement relatif des molécules d'eau entre elles. 100 chocs sont donc administrés à cette première dilution. Nous obtenons ainsi une 1CH (1ère centésimale hahnemannienne). Prélevons maintenant une goutte de cette solution de 1CH et diluons-la à nouveau dans 99 gouttes d'eau et dynamisons-la à nouveau avec 100 chocs. Nous obtenons ainsi une 2CH. Nous procéderons de la sorte jusqu'à la 5CH.

Les centésimales hahnemanniennes habituellement utilisées sont les suivantes : 4CH - 5CH - 7CH - 9CH - 12CH - 15CH - 18CH - 24CH et 30CH. Vous constaterez des sauts de dynamisation entre ces différentes dilutions. Il a été observé en clinique que les dilutions telles que la 6CH - 8CH - 10CH - 11CH - 13CH etc... n'apportaient rien de significatif à la thérapeutique. Un rapprochement avec les sauts quantiques liés à l'énergie des couches électroniques semblerait être une explication probable.



Voyons maintenant un autre type de dilution très utilisé, celui de Korsakoff, homéopathe russe qui vécut au tournant des 18ème et 19ème siècles. Il eut l'idée de monter des dilutions dans le même esprit qu'Hahnemann mais en gardant la même éprouvette durant tout le processus de dilution et de dynamisation. Une fois une dilution obtenue et après l'avoir dynamisée 100 fois, il se contentait d'en vider le contenu partant de l'hypothèse que le liquide résiduel égalait cette goutte que l'on trouve dans les dilutions hahnemanniennes. Avec cette méthode l'éprouvette garde la trace énergétique de l'ensemble du processus et confère ainsi aux remèdes une puissance telle qu'ils sont très indiqués en cas de manifestations aiguës et violentes. Les dilutions korsakoviennes habituellement utilisées sont les suivantes : 30K - 200K - 1000K - 10'000K et plus rarement les 50'000K et 100'000K.

Suite à la dilution et à la dynamisation, vient la phase dite d'imprégnation des globules (billes blanches constituées de deux sucres : saccharose et lactose). Cette dernière phase clot le processus en conférant à ce substrat toutes les vertus thérapeutiques homéopathiques. Non seulement l'homéopathie guérit sans effets secondaires d'intoxication médicamenteuse, mais elle est incroyablement écologique, car à partir de la quantité d'une seule teinture mère, il serait possible de préparer autant de remèdes qu'il y a d'habitants sur cette terre...

« Au sens propre le mot dilution ne s'applique presque qu'à des choses qui ont un goût et une couleur. Une solution de substances salées ou amères perd de plus en plus son goût à mesure qu'on lui ajoute de l'eau, et à la fin elle sera tout à fait insipide, quel que soit l'acharnement avec lequel on l'agite. De même une solution d'une matière colorante, lorsqu'on ne cesse de lui ajouter de l'eau, finit par perdre toute couleur et on aura beau l'agiter d'une manière inimaginable, sa couleur n'en deviendra pas plus intense. Il s'agit en effet ici de vraies atténuations ou dilutions, mais non de dynamisations.

Les dynamisations homéopathiques sont des processus qui provoquent véritablement une exaltation des propriétés médicamenteuses qui se trouvent à l'état latent dans les substances naturelles, quand celles-ci sont à l'état brut, et qui deviennent alors capables d'agir d'une manière presque spirituelle sur notre vie, c'est-à-dire sur notre fibre sensible et irritable. Ce développement, inconnu avant moi, des propriétés des substances naturelles brutes (dynamisation) se produit, comme j'ai été le premier à l'enseigner, par la trituration des substances sèches dans un mortier, mais, pour les liquides, par la succussion, qui équivaut à une trituration. Il en résulte que ces préparations ne peuvent être appelées des dilutions, bien qu'il faille commencer par diluer à nouveau davantage chaque préparation de cette espèce pour l'élever à un plus haut degré de puissance, c'est-à-dire pour éveiller et développer encore davantage ses propriétés médicamenteuses encore latentes de sorte que la trituration ou la succussion puisse pénétrer encore plus profondément dans l'essence de la substance médicinale. On pourra ainsi libérer et mettre à jour la partie la plus raffinée des forces médicamenteuses situées encore plus profondément, ce qu'il serait impossible d'obtenir sur des substances à l'état concentré, quelque ardeur qu'on mette à les triturer et à les secouer. »

Extrait tiré de la préface du Traité des maladies chroniques de Samuel Hahnemann (Trad. Dr J.-C. Grégoire)

voir aussi : «
L'esprit des remèdes » par le Dr Didier Grandgeorge